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Myriam Pfeffer nous a quitté en ce début de printemps, le 7 avril 2014.

Encore vous dire la gratitude que je ressens à l'égard de cette grande dame que j'ai aimée, et admirée.
Encore, il y a un an lorsque je suis allée lui rendre visite, alors qu'elle était faible et ne dormait plus beaucoup, j'ai encore reçu d'elle, elle m'a encore tant donnée par sa présence, toujours prête à engager la discussion sur des questions profondes : « la présence », mais aussi sur des aspects pratiques et très concrets de la vie.

Merci la vie pour une telle existence. Merci Myriam d'avoir ainsi existé.

Myriam a laissé tant de richesses en chacun de ceux qui l'ont approché, côtoyé, écouté, en tout ceux qui ont été touchés par elle, touchées dans tous les sens et selon tous  les modes possibles. Sentez-vous les trésors qu'elle nous a légué et dont elle nous a laissé l'appronfondissement : tant de graines qu'elle a permis de germer (image qu'elle aimait beaucoup avec l'éclosion d'une fleur). 

Myriam fait un peu partie de celle que je suis, avec d'autres, et sans doute êtes-vous nombreux à ressentir cela à son égard. Mais avec elle, une personne qui avait poussé le fait d'être unique, de vivre, et de sentir de façon si féconde, si parfaitement, elle, Myriam, nous quitte.  Avec sa mort, c'est aussi la réalité de son toucher, de sa douceur dont nous sommes privés à tout jamais.

Qui devons-nous remercier pour son existence ? A quoi devons-nous reconnaissance que notre chemin ait croisé le sien ?  Myriam nous a fait don de sa foi en l'humain. Ce que je sens, c'est que sa foi dans l'humain - alors même qu'elle avait connu ce qu'il y a de plus inhumain, de plus extrême dans ce que les hommes peuvent faire endurer aux hommes, qu'en dépit de cela, sa foi en l'homme-  était comme renforcée par son expérience. Myriam semblait avoir foi en les possibilités propres de chacun mais aussi ces possibilités avec les autres pourvu que les personnes soient respectées dans leur intégrité, telles qu'elles sont et peuvent être et devenir.

Parler à son propos d'enthousiasme toutefois ne serait pas juste.
Myriam incarnait cette tradition selon laquelle : « le sens de la vie d'un homme repose sur sa participation au perfectionnement du monde » .
Myriam est un modèle de réparation du monde quand bien même, à la suite de Moshé Feldenkrais mais de son parcours propre à elle -dont la méthode Feldenkrais fait partie-, elle engageait chacun à n'avoir pas de modèle à l'extérieur de soi, de développer son maître intérieur, de n'adopter pour seul maître que sa propre sensation et les moyens de la respecter ou de la développer.

On a beau savoir que le décès d'un être est inévitable, la nouvelle me boulverse.

Myriam aimait à énoncer l'idée de Paul Ricoeur selon laquelle nous étions "vivants jusqu'à la mort", et par cette  façon d'être, Myriam a montré à quel point vivre était précieux jusqu'au dernier souffle.

Rendre hommage à Myriam, c'est aussi faire vivre ce qu'elle nous a donné, or ce qu'elle nous a donné c'est ce à quoi elle nous a ouvert : soi-même.

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