Epoustouflant, l'ouvrage de Perrine Le Querrec, Oui-Merci (Ed. Jean-Michel Bordessoules, 2008) : poétique, sensible, explosif, d'une sensualité sans artifices, des mots dégagés de tout faux-semblant.
Je le recommande aux êtres qui ne jugent pas la tendresse comme une faiblesse, mais qui peuvent l'apprécier comme une attitude assumée et cultivée de façon intentionnelle, à ceux même qui la reçoivent comme une offrande ; à ceux pour qui l'impudeur des sentiments peut ne s'exprimer que dans l'intimité ; à ceux aussi qui sont heurtés par la cruauté qui se manifeste dans la négligence, le mépris, l'ignorance, la méchanceté ; à ceux qui doués d'intelligence ou de délicatesse (sans maniérisme) se rapportent à tout autre jamais simplement comme s'il était un moyen mais également comme une fin*.
Et oui, ce texte boulversant - composé de nouvelles - m'a donné furieusement envie de me replonger dans la lecture de Kant, Les Fondements de la métaphysique des mœurs ou La Critique de la raison pratique. Imprévisible l'humain (plus ou moins d'ailleurs) !
*L'impératif pratique : "Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen" (FMM, trad. fr. V. Delbos, p.150).