Anne-Constance Vigier, Héritage (Ed. Joëlle Losfeld, 2012), 192 p.
Avec cette année qui s'ouvre, je souhaite vous recommander ce roman d'A.-C. Vigier, sans cependant vous le raconter.
L'histoire de l'homme central du récit, un homme aimé pourtant, se passe au moment où sa vie subitement bascule du fait d'une étrange option. Lisez-le.
Une des grandes qualités de ce texte, outre l'écriture, la syntaxe, la composition très libres, est aussi l'angle par lequel Anne-Constance Vigier nous communique une délicatesse de vue. Le drame qui se joue, avec cependant quelques moments irrésistibles de drôlerie, me fait l'effet de l'apologie en filigrane de ce que peut signifier un comportement « plein d'égards » - avoir de l'égard n'y étant jamais confondu avec materner ni prendre soin, ne présupposant pas non plus amour ou estime ; ce serait plutôt une affaire de « tact », d'attention.
Le roman nous emporte sur cette arrête où dans la vie se rencontrent la dureté dans les relations humaines et la sensibilité des êtres, l'extrême sensibilité pouvant être entamée à sa mesure même et le drame en tant qu'expression ponctuelle d'une crise pouvant être perçue comme ayant des vertus.
Drame, délicatesse, sensibilité: un roman
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